C'est vrai, il fait chaud. Il fait chaud et pourtant je ressens en constance un frisson dans mon cou. Là. Derrière. Comme si on soufflait sur ma nuque. Alors je me retourne, très vite. Et puis rien.
L'attente est exaspérante. Des épreuves et des épreuves, du bourrage de crâne et des lignes de gribouillées. Du papier gaspillé, de l'encre qui coule à flot...J'ai le soucis de ne plus pouvoir écrire. Je me suis surprise ayant du mal à tenir un
Bic. Ce coquin se fixant trop fermement dans ma menotte, la perfore et laisse un petit rond rouge sur la peau. J'ai la hantise d'être bloquée en plein examen.
Motif: "Elle ne sait plus tenir son stylo correctement". Solution: "Séjour en grande section de maternelle formellement conseillé".
C'est marrant, on avale des livres et des livres; notre regard se porte avec une extrême attention sur
"la place des IDE dans le contexte politico-économique actuel" avant de s'aventurer sur le
rôle philosophique de telle ou telle oeuvre.
Machin chose fait intrusion dans notre esprit puis on accueille
Truc Chouette. Pour finalement oublier. Tous les oublier.
Ce matin, Histoire Géographie. Géo en majeur.Bordel de merde de pute à pingoin, merci. Merci qui? chais pas. Mais merci quand même. Seul hic: incapable, dans les premières minutes, de me rappeler l'orthographe exacte de
"BACCALAUREAT". Petite pointe d'adrénaline pas très agréable qui tortille le ventre en faisant cet habile petit noeud à l'estomac.
Je suis fatiguée. Réellement crevée. Le truc bien lassant qui te ronge et te poursuit toute la journée. Surtout quand arrive la nuit et que tu veux dormir. En vain. Envie soudaine de berlingots à l'orange comme ceux qu'on achetait à Auchan quand on était gosses.
Là, j'ai comme une envie de me réveiller le quatre septembre, de rentrer en hypokhâgne, et de souffler un bon coup.
Pour le moment, il ne reste plus que ça:
compter les carreaux du mur de la salle de bain.
se ronger les ongles.
écouter du Puccini.
bouffer des yeux Jacques Brel.
se boucher les oreilles en écoutant les bruits de son corps.
noter les citations d'Yves Bonnefoy.
se plonger dans des cordes à vide..juste comme ça.
rêver de voyages et de pleins de trucs impossibles.
s'écrire des sottises sur le ventre.
et advienne que pourra