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Flantafaf0uille

# Enviado el lunes 18 de junio de 2007 12:08

*Hier on était mercredi.*

*Hier on était mercredi.*
Epreuve d'anglais. Assise sur mon siège, j'attends. Mon coeur ne bat pas si vite que ça. "Le fatalisme Camille, le Fatalisme." Petit coup d'oeil furtif sur la table. Vérification de la présence même de ma carte d'identité ET de ma convocation. "Oui Camille, tu n'as pas la berlue, tout est là, il ne te manque rien." Ah si ma règle. Vous savez, le genre de règle grise en fer qui fait un bruit épouvantable en tombant sur le sol, faisant frémir le peuple environnant. Bouchage d'oreilles et froncement de sourcils en perspective, me dis-je. Les sujets sont distribués, retournés sur la face blanche. Il n'est pas encore l'heure. Mon imagination est alors au comble de son activité. Je m'interroge...puis non. ça sert à rien. Alors exploration de la salle. Comme ça. J'aime bien. Il ya toujours cette grosse fille à l'avant qui met des décolletés faramineux et qui se rend au moins deux fois aux toilettes à chaque épreuve.Son ventre fait une bouée vers l'avant.
A ma droite, un africain qui semble souvent assez stressé.Mais qui n'a pas le dit de trop le montrer.Chacun sa fierté. Je sais qu'il ne saute pas de ligne quand il écrit et qu'il est plus beau de face que de profil.
Un peu plus loin, cette fille qui est la seule à avoir pris Russe en première langue et qui reflette un certain orgueil. En fait, elle pue la prétention cette nana.
Devant Norin, une mamzelle qui ressemble à un porc épic. C'est pas sa faute, ce sont simplement ses cheveux très courts et recouverts de gel qui lui donnent cet aspect. Elle a une figure des plus énervante mais elle a l'air gentille.
Enfin devant moi, un garçon aux cheveux longs..non plutôt mi-longs, un peu bruns roux. Le genre baba cool quoi. Ah merde il se retourne.
"Euh je suis désolé..mais j'ai encore oublié de prendre un stylo"
J'esquisse un sourire et lui tends un bic. Il se penche alors sur sa table et commence à gribouiller sur sa feuille de brouillon verte. J'arrive pas à distinguer mais je suis curieuse alors j'attends. Il semblerait que ce soit un visage...des yeux apparaissent puis une bouche. Enfin, des cheveux. Longs. Non, plutôt mi-longs. Je comprends bientôt: il se dessine. Je m'apprete à zieuter encore dans je ne sais quelle direction quand une voix s'élève dans le silence qui a englobé la salle d'une profonde torpeur:
"Il est 14h, vous pouvez retourner les sujets."

# Enviado el jueves 14 de junio de 2007 11:56

Modificado el jueves 14 de junio de 2007 12:08

*l'épicier - bonjour. alors, la journée est finie ? moi-il était temps.*

*l'épicier - bonjour. alors, la journée est finie ?   moi-il était temps.*
C'est vrai, il fait chaud. Il fait chaud et pourtant je ressens en constance un frisson dans mon cou. Là. Derrière. Comme si on soufflait sur ma nuque. Alors je me retourne, très vite. Et puis rien.
L'attente est exaspérante. Des épreuves et des épreuves, du bourrage de crâne et des lignes de gribouillées. Du papier gaspillé, de l'encre qui coule à flot...J'ai le soucis de ne plus pouvoir écrire. Je me suis surprise ayant du mal à tenir un Bic. Ce coquin se fixant trop fermement dans ma menotte, la perfore et laisse un petit rond rouge sur la peau. J'ai la hantise d'être bloquée en plein examen. Motif: "Elle ne sait plus tenir son stylo correctement". Solution: "Séjour en grande section de maternelle formellement conseillé".
C'est marrant, on avale des livres et des livres; notre regard se porte avec une extrême attention sur "la place des IDE dans le contexte politico-économique actuel" avant de s'aventurer sur le rôle philosophique de telle ou telle oeuvre. Machin chose fait intrusion dans notre esprit puis on accueille Truc Chouette. Pour finalement oublier. Tous les oublier.
Ce matin, Histoire Géographie. Géo en majeur.Bordel de merde de pute à pingoin, merci. Merci qui? chais pas. Mais merci quand même. Seul hic: incapable, dans les premières minutes, de me rappeler l'orthographe exacte de "BACCALAUREAT". Petite pointe d'adrénaline pas très agréable qui tortille le ventre en faisant cet habile petit noeud à l'estomac.
Je suis fatiguée. Réellement crevée. Le truc bien lassant qui te ronge et te poursuit toute la journée. Surtout quand arrive la nuit et que tu veux dormir. En vain. Envie soudaine de berlingots à l'orange comme ceux qu'on achetait à Auchan quand on était gosses.
Là, j'ai comme une envie de me réveiller le quatre septembre, de rentrer en hypokhâgne, et de souffler un bon coup.

Pour le moment, il ne reste plus que ça:


compter les carreaux du mur de la salle de bain.

se ronger les ongles.

écouter du Puccini.

bouffer des yeux Jacques Brel.

se boucher les oreilles en écoutant les bruits de son corps.

noter les citations d'Yves Bonnefoy.

se plonger dans des cordes à vide..juste comme ça.

rêver de voyages et de pleins de trucs impossibles.

s'écrire des sottises sur le ventre.




et advienne que pourra

# Enviado el miércoles 13 de junio de 2007 08:25

*ô*

*ô*
Si une âme pseudo-divine est susceptible d'exister sur cette putain de planète, bé qu'elle foute la Géo en épreuve majeure demain.
Merci.

# Enviado el martes 12 de junio de 2007 06:31